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Sicpa : l’histoire d’une tromperie

Sicpa : l’histoire d’une tromperie


La très controversée entreprise suisse mandatée par le ministère des Finances pour le marquage fiscal des bières est à la traîne de nombreux pots.

Voici l’étiquette dont la Sicpa (Société Industrielle et Commerciale de Produits Alimentaires) aura le plus de mal à se débarrasser. Tout d’abord, que l’entreprise a une très mauvaise réputation au Maroc, où elle a remporté en 2009 un contrat pour le marquage fiscal des boissons et du tabac. Mais aussi à cause des conséquences identifiées après la mise en place du processus, et surtout à cause des tarifs jugés excessifs et du manque de transparence qui était la règle dans leur gestion.

Des éléments qui confirment plusieurs analystes qui estiment que le choix de la Sicpa par le Minfi est une grosse erreur. Agissant en tant que prestataire de services pour le compte de l’Administration marocaine des douanes et des impôts indirects, la Sicpa Maroc a entraîné une baisse cumulée des volumes de vente de 27% des boissons alcoolisées du secteur formel entre 2009-2015, principalement causée par l’augmentation du TIC ( taxe intérieure sur la consommation) entre 64% et 150% selon les catégories de boissons alcoolisées.

Il y a aussi une augmentation des risques sanitaires pour les consommateurs qui, compte tenu du budget limité, se sont tournés vers des produits illégaux (contrebande ou production clandestine). Par ailleurs, nous avons connu le gel des investissements et des désinvestissements, notamment avec la fermeture de quatre sites de production. Plus de 200 emplois ont également été perdus en raison de la fermeture d’installations de production.

En effet, on apprend qu’une fois la mesure entrée en vigueur, elle a suscité la polémique dans les milieux d’affaires. En cause, les prix pratiqués par la Sicpa au Maroc étaient excessifs. Le modèle Sicpa est loin de faire l’unanimité.

Modèle inadapté

S’inspirant de l’expérience marocaine, l’industrie brassicole (Sabc, Guinness Cameroun, Ucb) estime que le modèle choisi par le prestataire Sicpa n’est pas adapté à la traçabilité des produits dans nos multiples points de vente. Une mesure qui devrait en principe être appliquée aux produits importés afin non seulement de sécuriser les revenus de l’importation de ces produits, mais aussi de protéger l’industrie locale.

Selon les analystes, compte tenu de l’expérience du Maroc, l’introduction d’un repère fiscal sur la bière produite localement irait à l’encontre des objectifs fixés dans la mesure où l’augmentation des coûts de production entraînerait une augmentation des prix, une baisse de la consommation, une baisse des production, perte de rentabilité pour les entreprises du secteur, qui conduiront à une augmentation de la contrebande et de la contrefaçon.

Et aussi, poursuivent les analystes, l’Etat n’a aucun intérêt à fragiliser les entreprises de ce secteur en mettant en œuvre cette mesure, compte tenu des conséquences désastreuses qui en découlent, dans la mesure où ces entreprises sont des partenaires incontournables. .

L’activité de ces entreprises débouche indirectement sur 22 000 entreprises, 400 grossistes, environ 20 000 agriculteurs et 300 PME. L’industrie brassicole est également l’un des plus gros employeurs privés au Cameroun.

Les 12 usines directement et indirectement en activité emploient plus de 10 000 personnes et contribuent de manière substantielle à la réduction du chômage. A noter que le chiffre d’affaires de l’industrie brassicole génère environ 720 milliards de FB et une contribution au budget de l’Etat en 2016 de 304 milliards de FB.

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