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mode opératoire d’un gang de voleurs de bébés

mode opératoire d’un gang de voleurs de bébés


Le cerveau du gang agissait sous la bannière de la prétendue «Agence d’adoption des mères porteuses de grossesses» pour appâter ses victimes. Il remettait des modiques sommes d’argent. Quatre nourrissons ont été sauvés et gardés à la Fondation Chantal Biya. Les faits sont rapportés par Kalara.

M. Atangana François et sa compagne Silvie Nga Dono sont les promoteurs d’une prétendue «Agence d’adoption des mères porteuses des grossesses». Mais en réalité cette structure fictive cache un vaste trafic et traite d’enfants en direction des pays étrangers et plus particulièrement au Congo. Ils étaient aidés dans leur sale besogne par Mme Nfegue Amougou, qui se chargeait de la garde des infortunés bébés avant que ceux-ci ne soient emportés au Congo par Inès Nkounkou.

Danielle Cheryl Nkoutou, mère d’un nourrisson de deux jours et Mme Nkot Ninon, génitrice d’un bébé de 6 mois, comptent parmi les victimes de François Atangana. Incarcérés à la prison centrale de Yaoundé Kondengui, M. Atangana François, Mme Nfegue Amougou, Inès Nkounkou et Danielle Cheryl Nkoutou, qui avaient été pris suite à une dénonciation, répondent des faits de trafic et traite d’enfants devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi (TGI). Seule Silvie Nga Dono comparaît libre.

Selon l’accusation, les six jeunes gens ont été surpris en possession de 4 nourrissons au quartier «Odza Borne 10» à Yaoundé le 12 janvier 2021. Les bébés en question faisaient l’objet d’un marchandage. Récupérés par les forces de sécurité, ils ont été mis à la disposition de la Fondation Chantal Biya en attendant la suite réservée à la procédure judiciaire pendante dans cette affaire.

Le 22 septembre 2021, les accusés ont répondu à la convocation du tribunal. M. Atangana François, Mme Nfegue Amougou, Inès Nkounkou ont plaidé coupables des faits qui leur sont reprochés. Par contre, Danielle Cheryl Nkoutou a nié les accusations retenues contre sa personne. Elle a expliqué être tombée enceinte d’un amant nécessiteux.

C’est ainsi qu’elle avait, au cours de ses recherches sur les réseaux sociaux, découvert une Agence d’adoption des mères porteuses de grossesses avec laquelle elle était rentrée en contact. Après de nombreux échanges, ses interlocuteurs lui avaient, dit-elle, donné toutes les assurances que le bébé à sa naissance serait remis à une famille d’adoption. «M. Atangana m’avait dit qu’il voulait m’aider et qu’il ne s’agissait pas de la vente de bébé. Faute de moyens financiers pour prendre en charge l’enfant, j’ai accepté l’offre. Le 11 janvier 2021 après l’accouchement, il est arrivé avec une dame, qui m’a donné 1 million de francs», a-t-elle déclaré. L’affaire a tourné au fiasco quand elle exige en vain les papiers d’adoption. C’est ainsi qu’elle dit avoir expliqué la situation au père de l’enfant qui a alerté les éléments de gendarmerie d’Odza. Une enquête ouverte a permis de mettre la main sur M. Atangana, les autres accusés et les quatre bébés au centre du procès.

Pour sa part, Sylvie Nga Dono, la compagne de François Atangana qui a également plaidé non coupable des griefs retenus contre sa personne, a opté ne rien dire pour sa défense. Inès Nkounkou, l’autre cheville ouvrière supposée dans cette affaire, a dit avoir remis à M. Atangana la somme de 6,5 millions de francs dans le but de réaliser l’opération de trafic des quatre bébés dont il s’agit dans cette procédure judiciaire.

Elle réclame ladite somme à ce dernier. Les cinq autres accusés ont rejeté le tort sur le patron de «l’Agence d’adoption des mères porteuses des grossesses». Des déclarations que ce dernier qualifie d’échappatoires avant de présenter ses excuses aux victimes et aux femmes dont les nourrissons sont au centre du litige.

Il raconte que toutes les mères des bébés étaient prêtes à accompagner Inès Nkounkou au Congo si l’affaire n’avait pas tourné au vinaigre. «Dans cette affaire, je pensais aider tout le monde mais je ne mesurais pas la portée des actes que je posais», a-t-il conclu.

Danielle Cheryl Nkoutou et Mme Nkot Ninon, les mères des nourrissons de 2 jours et 6 mois ont, quant à elles, dit dans leurs dernières déclarations avoir agi dans l’ignorance. Elles ont imploré la clémence du tribunal avant d’émettre le vœu de récupérer leurs enfants gardés à la Fondation Chantal Biya. L’énigme dans l’affaire reste le fait que les mères des deux autres enfants sont encore inconnues.

Dans ses brèves réquisitions, le représentant du parquet a demandé au tribunal de déclarer tous les accusés coupables des faits de trafic et traite d’enfants. Le juge en charge du dossier a clos les débats et compte rendre son verdict le 15 octobre 2021.

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