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Loi de financement 2022 : risques d’un budget artificiel sur fond de surfacturation, malversations

Loi de financement 2022 : risques d’un budget artificiel sur fond de surfacturation, malversations


L’enveloppe de 5 762,4 milliards de francs proposée par le gouvernement pourrait n’être qu’un leurre au moment où le Minfi esquisse personnellement une situation macroéconomique plus qu’inquiétante pour le Cameroun.

Le gouvernement propose un budget d’environ 5.762,4 milliards de francs, soit une augmentation de 282 milliards de francs en valeur absolue par rapport à 2021 (5.480,4 milliards de francs), a-t-on appris à l’ouverture jeudi de la session parlementaire consacrée au débat du projet de loi de finances. . Un des points d’orgue de ladite session sera le débat sur la dette publique, en constante augmentation soit, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), un encours actuel de 10 927 milliards de francs boom de 8,2% par rapport à l’année dernière .

Il est à noter que la séance consacrée à l’examen du projet de loi de finances intervient à un moment où le Cameroun peine à mobiliser des ressources pour le budget en cours. Une situation qui, selon le ministre des Finances (Minfi) lui-même, Louis Paul Motaze, « ne favorise pas la mise en œuvre harmonieuse des politiques publiques et expose le pays au risque de surendettement ».

En effet, sur la période 2022-2024, précise-t-il, les projections budgétaires sont « exposées à divers types de risques qui pourraient remettre en cause l’équilibre budgétaire et financier établi », à l’occasion de la présentation des orientations de la politique économique et document de programmation budgétaire pour la période considérée, il a précisé que ces risques sont liés notamment au développement de la pandémie de Covid-19, à l’évolution du contexte macroéconomique et à la mobilisation des appuis budgétaires attendus la mise en œuvre du nouveau programme économique avec la Fonds (FMI).

« Au niveau macroéconomique, l’efficacité limitée des politiques publiques pour atténuer l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises et les ménages pourrait conduire à des niveaux d’activité plus faibles que prévu et, par conséquent, à des niveaux de recettes fiscales et de droits de douane plus faibles que prévu. . De plus, le prix mondial du baril de pétrole poserait un risque majeur pour les budgets de 2022 et des suivants, si la production de pétrole annoncée et le prix mondial du baril utilisé dans les prévisions ne sont pas respectés », a déclaré M. Motaze. Juin devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale.

Ainsi, en plus de couvrir son déficit budgétaire, le gouvernement doit également supporter d’autres coûts de financement et de trésorerie. Il s’agit notamment du remboursement de la dette extérieure et intérieure, y compris le paiement des arriérés et des sorties nettes de trésorerie des correspondants. En 2022, ces besoins sont estimés à 12 437 milliards de francs, soit une baisse de 67,8 milliards de francs par rapport à 2021, contre 1 154,8 milliards en moyenne entre 2023 et 2024.

L’éternelle pénurie
Parmi les grandes masses, les ressources de financement de l’Etat devraient s’élever à 1,676,5 milliard en 2022, comprenant le tirage spécial du FMI de 200 milliards de francs et l’appui budgétaire de 259 milliards de francs lié à la mise en œuvre du nouveau programme économique et financier avec le Fonds.

Cela représente une baisse de 376,9 milliards (-18,2%) par rapport à 2021. Une baisse attribuée au retrait en 2022 des financements exceptionnels des partenaires techniques et financiers, notamment l’appui à la lutte contre le Covid-19 et l’allègement de la dette extérieure du groupe des 20 pays les plus industrialisés (G20), ainsi que l’émission d’euro-obligations sur le marché international.

Croissance économique attendue de 4,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2022 contre 3,4% en 2021, 0,7% en 2020 et 3,7% en 2019, une augmentation principalement portée par le dynamisme du secteur agricole, la reprise de l’investissement et la amélioration des approvisionnements énergétiques, les estimations des ressources totales du budget général en 2022 s’élèvent à 5 649,7 milliards, soit une augmentation de 68,4 milliards en valeur absolue et de 1,2 % en valeur relative par rapport à 2021. les projections des recettes propres de l’Etat et les dépenses affichent un déficit budgétaire général de 516,8 milliards en 2022 contre 753,9 milliards en 2021, soit une réduction de 237 milliards du besoin de financement de l’Etat.

Selon le Minfi, le gouvernement doit non seulement couvrir son déficit budgétaire, mais aussi supporter d’autres charges de financement et de trésorerie, notamment le remboursement de la dette extérieure et intérieure, y compris le paiement de ses arriérés et la sortie de trésorerie nette des correspondants. en 2022,. ces besoins sont estimés à 1 243,7 milliards, soit une baisse de 67,8 milliards (-5,2%) par rapport à 2021, contre 1154,8 milliards en moyenne entre 2023 et 2024.

Le taux d’intérêt sur la dette publique est estimé à 257 milliards en 2022, contre 190 milliards en 2021, soit une augmentation de +35,3% en raison de la sortie du Cameroun de l’initiative d’allégement de la dette extérieure du pays.

Cela signifie que l’horizon n’est pas clair, encore moins lisible et traçable. Comment alors le gouvernement va-t-il mobiliser 5 762,4 milliards de francs, alors qu’il est déjà en difficulté avec la communauté financière internationale, que le pillage de maigres ressources se poursuit en toute impunité, que les coûts des crises sécuritaires ne cessent d’augmenter ? Comme ces dernières années, le Cameroun est confronté à une équation budgétaire aux mille inconnues.

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